Marcus Mosiah Garvey

voit le jour le 17 août 1887 à Saint Ann’s Bay en Jamaïque. Considéré comme le plus illustre des héros nationaux jamaïcains, il apparaît aujourd’hui comme celui qui, a le plus défendu la cause des populations d’origine africaine, en raison de ses actions en faveur de la reconnaissance de la dignité de l’homme noir, et de son implication pour l’éveil de la conscience noire.
L’essentiel de son combat a porté sur l’émancipation des peuples noirs disséminés à travers le monde. Il oeuvra particulièrement pour l’union, l’unité et l’unicité du continent noir, de toutes ses filles et de tous ses fils. Garvey est aussi le promoteur du fameux projet

Back to Africa

sensé conduire les Africains de la diaspora sur la terre de leurs ancêtres en Afrique.

Il est le premier leader noir à avoir su combiner le combat politique, économique, culturelle, idéologique et spirituel pour l’émancipation totale du peuple noir.

Son œuvre spirituelle commence à partir de 1916, lorsqu’il commence à annoncer le couronnement de l’Empereur Hailé Sélassié en Ethiopie, comme le futur rédempteur du continent noir.
Selassié, ou Ras Tafari Makonnen, de son nom de naissance, est connu comme le Dieu des Rastas. Pour matérialiser son projet de retour en Afrique et donner de la consistance à ses idées, Garvey fonde l’UNIA (Universal Negro Improvement Association) Association Universelle pour le Progrès des Noirs en 1914. Deux ans plus tard, il transfère son organisation aux Etats-Unis pour toucher plus de monde.
En 1919, il fonde la

Black Star Line

une compagnie maritime selon le principe de l’actionnariat. A une époque où tous les voyages intercontinentaux se faisaient exclusivement par bateaux. La création de la Black Star Line présentait un avantage indéniable. Les bateaux de Garvey (il en acheté 4 au moins dont un ne fut pas livré) devaient établir les contacts et faciliter les échanges commerciaux entre l’Afrique et toutes les populations noires, tout en transportant en Afrique, sur la terre de leurs ancêtres, les afro descendants désireux de s’installer sur le continent.
A la première grande convention de l’organisation en 1920, c’est une foule compacte galvanisée venues de tous les coins du monde qui prend d’assaut les grandes rues de New York. Son organisation comptait déjà près de 6 millions de membres et sympathisants à travers le monde.
Après avoir échappé à plusieurs tentatives d’assassinats commandités, Garvey fut accusé de fraude postale par le gouvernement américain. Il fut emprisonné à New York, puis à Atlanta dans l’Etat de Georgie en 1925. A sa sortie de prison en 1927, il est conduit manu militari en Jamaïque, avec interdiction de remettre les pieds sur le sol américain. Après quelques années en Jamaïque, il part à Londres où il comptait créer une école. Il y décédera en 1940 de pneumonie.
Le combat de Garvey se situe dans un contexte hostile au progrès de l’Afrique, à l’émancipation des peuples noirs, et dans une Amérique du début du XXe siècle ouvertement impérialiste, raciste, et particulièrement négrophobe. Ce combat pour lequel Garvey consacra toute sa vie, son énergie, et sa créativité mérite d’être rappelé à tous les peuples en ce 130e anniversaire de sa naissance. Il mérite surtout d’être enseigné aux afrodescendants. Comme le disait le Reggaeman Sud-Africain Lucky Dube dans

Rastas Never Die,

les Rastas ne meurent jamais.
Marcus Garvey n’est donc pas mort, il continue de vivre à travers ses œuvres. Son combat est plus que d’actualité.

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