EPISODE 5

« NOIR EST NOTRE METIER PREFERE »

INTRODUCTION

« Ainsi donc, de la même façon que l’apologie du métissage biologique cache, sans grand succès, un projet de blanchissement des Africains, la « civilisation de l’universel » … n’est qu’une désignation euphémistique de l’hégémonie culturelle occidentale (arabe et asiatique). Par ailleurs, ce que nous croyons être notre participation volontaire, n’est souvent que le résultat de la manipulation et du contrôle par l’Occident (l’Asie et l’Arabie, génériquement) des modalités de notre existence. » (Ama Mazama, « l’Impératif Afrocentrique », p.43/Les parenthèses sont miennes)

La conscience ne doit pas dormir.

Elle hiberne parfois, toujours confinée comme si nature était d’être sclérosée.

La conscience dort, et parfois, s’éveille.

Les problématiques qui impliquent la santé et la survie de l’Humanité n’altèrent ni ne tempèrent les « questions » raciales. Bien au contraire.

1/ Quand nous ne sommes plus nous-mêmes et que notre conscience gît, inerte, la seule opportunité qui nous reste est de jouer le rôle et de dire le dialogue écrit pour nous. Intéressons-nous donc à l’un de ces rôles, parmi ceux que nous préférons dans notre métier de noir : le métissage. L’idéologie-pathologie-apologie du métissage. Le « génocide racial » (Nascimento.) La métis-singerie.

Voici la réalité : « de fait, pour prendre le contrôle d’un territoire (des esprits ou des âmes), la violence militaire ne suffit pas. Il faut aussi s’approprier les corps, en particulier celui des femmes, la colonisation étant par définition une entreprise masculine. La meilleure manière de faire comprendre aux hommes que l’on a vaincus que l’on est maître chez eux, c’est de s’installer non seulement dans leurs maisons, mais aussi dans le sexe et le ventre de leurs femmes. » (Christelle Taraud, « de la domination sexuelle dans les empires coloniaux », https://lejournal.cnrs.fr/articles/de-la-domination-sexuelle-dans-les-empires-coloniaux.)

Mais voilà : le Noir n’aime pas la réalité. Sans fond, sans racines, sans destin, il préfère les contes de fées, le mythe, la magie et la religion.

Dans l’imaginaire racial (blanc, asiatique, arabe), la femme noire est un fétiche. Au sens psychanalytique du terme : « (un) objet (déclenchant) et satisfaisant les désirs sexuels chez le fétichiste. La possession et la contemplation du fétiche provoquent soit l’orgasme sexuel, soit simplement des jouissances sentimentales platoniques. (C’est) un objet transitionnel, un lien symbolique évocateur. »

Dans l’imaginaire racial (blanc, asiatique, arabe), la femme noire est une concubine exotique, c’est-à-dire une « amante, (une) maîtresse. (Une) fantaisie verbale créée sur le modèle du conjugal. De concumbere, coucher avec. De concubinus, celui (ou celle) qui se prête à des actes contre nature. Femme légitime, mais de condition inférieure à celle du mari. »

Pour ceux qui voyagent et qui s’intéressent aux expressions médiatiques à travers le monde, ils ont pu remarquer une redondance significative. Que ce soit en Asie, en Arabie, au Maghreb, en Europe de l’est ou centrale, occidentale, en Amérique centrale, latine, du sud, en Océanie (Australie et Nouvelle-Zélande) il n’est pas fait la promotion du métissage et du couple interracial, sous quelque forme que ce soit. Que ça existe, sans doute. Mais comme phénomène qui diffuse dans toute la société, certainement pas. Dans aucun de ces endroits, aucune femme ne rêve ou n’a envie de se faire enfiler par un nègre pour donner naissance au monde de demain. Pas plus que leurs hommes ne souhaitent devenir les princes charmants de négresses avec lesquelles procréer des « tous créoles. » Les tirer en passant, pourquoi pas, de là à les intégrer à la famille …

Il n’y a que la femme noire qui a été faite catin universelle à un niveau industriel et vendue comme telle à travers « nos » stars, toutes disciplines confondues. Mais comme elle ne veut pas s’assumer « concubine exotique », elle se dit indépendante, féministe, et proclame à qui veut bien l’entendre qu’elle doit ouvrir ses perspectives d’amour et donner leur chance à d’autres hommes que noirs, la seule masculinité toxique peuplant l’univers.

Seules « nos » stars me paraissent démangées par l’interracial et le métissage. Mis à part le KKK (Kim, Khloe, Kourtney, les sœurs Kardashian qui en ont fait un métier, sinon une vocation.)

Jodie Turner-Smith, star de Queen & Slim, explique son choix interracial en prétendant que dans sa jeunesse, des Noirs l’ayant trouvée « trop noire et trop moche », pour convoler en justes noces, elle n’a pas eu d’autre alternative que de se choisir un blanc. Ce qui implique que chez les blancs, les asiatiques, les arabes, n’existent pas de fille moche, grosse, pas attractive, exposée à la moquerie et au rejet. Font-elles le choix de l’exogamie pour autant ? La différence avec nous est qu’elles sont profondément enracinées dans leur culture. Elles sont habitées par des représentations positives de leurs hommes, des Archétypes. Nos archétypes à nous (féminin et masculin) ont… migré.  Quand on fait un choix on l’assume. On ne cherche pas à le légitimer par de faux-prétextes. Il faut avoir la franchise de reconnaître que ces choix ont été faits pour des raisons personnelles, égoïstes (désirs, carrières, ambitions, statut), pas pour réenchanter le monde.

Cela s’appelle « Meritorious Manumission. » Un acte législatif pris aux Etats-Unis en 1710 pour récompenser et affranchir les esclaves méritants. Un mérite défini par trois actions (valable partout où le noir est dépendant) : sauver la vie du maître ou sa propriété (donc l’aimer plus que soi). Inventer quelque chose (ou gagner quelque chose) dont le maître peut tirer profit. Espionner et/ou dénoncer tout esclave qui planifie des rebellions, des séditions ou des abandons de poste (la fuite.) Cette « distinction » octroie avantages sociaux et financiers. Comme le dit James Clingman : « certains ont commencé comme d’ardents défenseurs de la cause noire, mais sont aujourd’hui des sycophantes au service de causes variées : lobbies, partis politiques, milieux d’affaires (des médias et du sport). » (www.washingtoninformer.com. Voir aussi : « 2015 : Meritorious Manumission », www.urbanrevolution.wordpress.com.)

Comme pour l’agenda LGBTQ… XYZ, nous sommes soumis à une intense propagande.

Nous avons les sœurs Williams. Nous avons les spécialistes de la chose au cinéma et à la télévision : Halle Berry et Kerry Washington (des expériences qu’elles ont prolongé dans la vraie vie.) Nous avons Vincent Cassel et Tina Kunakey. Nous avons Hapsatou Sy et Vincent Cerruti. Nous avons Meghan Markle et le Prince Harry (rappelons qu’en Europe, il y a « 3 princesses noires interraciales : la princesse Angela du Liechtenstein, la Baronne Cécile de Massy de Monaco, la Comtesse Mary Von Habsburg d’Autriche. Ce qui vaut le commentaire suivant : « le remplacement des blancs, ça se passe aussi dans les familles royales. » (www.suavelos.eu/angela-du-liechtenstein-ne-sera-plus-la-seule-princesse-noire-deurope.) Nous avons une variante du métissage, façon mille-et-une-nuits, avec Janet Jackson et Wissam Al Mana (www.eonline.com : « pourquoi le mariage de Janet Jackson et Wissam Al Mana ne pouvait pas être sauvé »). Nous avons Rihanna, avec Hassan Sameel (fr.sputniknews.com : « la raison pour laquelle Rihanna aurait quitté son copain milliardaire saoudien. »)

La même tendance se retrouve chez certaines influenceuses qui sur leurs chaînes s’affichent avec leur chéri blanc ou maghrébin, tout en professant l’éveil de la conscience noire. Incapables de réaliser que leur choix affectif est devenu un choix politique qui problématise leur critique de la suprématie blanche, arabe ou asiatique. Elles ne voient pas la contradiction qui existe entre un message « conscient » et la publicité de leur couple interracial. Une intimité qui modifie de manière essentielle la perception du prédateur et le sens même du combat. Elles ont bien sûr le droit de faire ce qu’elles veulent, mais je suis également libre d’interroger leur crédibilité.

C’est un travail sur nos imaginaires (qui mélange hypersexualisation de la femme noire et apologie du métissage) qui est pratiqué et produit. Une ingénierie sociale. Et bien entendu, nos enfants ne sont pas épargnés. La nouvelle version de la Petite Sirène – quittant ses profondeurs, parfaite allégorie de la marginalité sociale et raciale – est joué par une jeune actrice noire (Halle Bailey), et le prince charmant (Prince Eric) dont elle s’amourache, est… blanc (Jonah Hauer-King). Pour mieux assurer son inclusion au monde de la surface, là où se trouve la lumière et le ciel. En d’autres termes, le paradis. Où les Noirs se comptent sur les doigts d’une main, malgré leur foi.

2/ Pour montrer l’étrange récurrence des rôles liés à notre métier de noir, ayons recours à des séries contemporaines, en co-production ou pas. (Si vous voulez connaître la réalité et les manigances du Système appelé racisme, sans vous farcir la documentation existante, ayez la télé, Netflix ou allez au cinéma.) Il semble que depuis plus de 5 siècles qu’il sévit, le négrophobe (blanc, arabe et asiatique) a beaucoup de racisme à combattre et à se faire pardonner. De préférence dans le vagin de la femme noire.

Série néerlandaise « Women of the Night » où la plupart des personnages noirs (des femmes en particulier) sont des prostituées qui assouvissent les perversions des puissants, et connaissent des morts violentes, pour au moins l’une d’entre elles (Pam.) Ce qui lance l’intrigue. Et permet à la femme blanche (Xandra) d’hériter de sa très lucrative agence d’escort-girls.

Série espagnole « Mar de Plasticos », notamment la saison 1, avec le personnage de Fara, qui finit par devenir le fétiche sexuel préféré du néo-nazi qui la sauve après avoir voulu lyncher son frère.

Séries italiennes : « Trois mètres au-dessus du ciel ». Le métissage à destination des adolescentes. Rien de mieux que des coucheries sentimentales interraciales pour faire oublier des noyés impossibles à dissimuler. « Carlo et Malik », fiction qui a l’honnêteté de décrire la réalité du racisme dans la péninsule, avec, pour une fois, un personnage d’homme noir pas trop caricatural, quoi que (ses choix sexuels et/ou affectifs.) « Suburra », avec le mafieux Auréliano, haineux des Africains, fils d’un père qui aimait les putes noires, s’en installe une à domicile (Isabel), prostituée qu’il sauve de son mac et de ses clients violents, puisque dans sa communauté à elle, les hommes-protecteurs n’existent pas. Il incarne à merveille le principe récurrent dans la manipulation mentale dont nous sommes l’objet par le métissage : « je ne suis pas raciste, puisque ma femme est noire. » Un concubinage exotique vite réglé par la femme blanche, Livia, la sœur d’Auréliano. A l’italienne : des balles dans la poitrine de la pute noire. Livia sait bien reconnaître la pute, chez Isabel. Pas une égale, pas une sœur-femme. Juste un obstacle à écarter. Il ne faut quand même pas déconner. Les affaires de la famille avant tout.

Séries françaises : « Nox » dont l’un des personnages noirs s’appelle Melinda… Black. Qui est … actrice porno. Les autres personnages noirs étant une détenue (Mme Bousso), des dealers et un gentil négro (Thomas) qui finit mal. Les inénarrables : « Tropiques Criminels » et « Meurtres au Paradis ». « Noir Enigma » qui inaugure la génétique de la concubine exotique, statut transmissible de mère en fille. « Skam 4 », la quadrature du cercle : le métissage, version négro-musulmane. Une fille noire voilée (Imane) tombe amoureuse d’un jeune maghrébin, Sofiane. Amour sur place, et surtout pas à emporter. « La Forêt », avec le personnage de Maya, adoptée par un couple blanc, qui en compagnie de copines de lycée, apprend la liberté de son corps en vendant le sien à des messieurs blancs d’un certain âge. Encore une prostituée, cette fois juvénile. « Profilage », dont la nouvelle saison accueille Shy’m qui a une nette tendance à constituer des paires avec des hommes qui ne ressemblent pas à son père. Sa promiscuité avec le viril commandant Rocher devrait nous donner quelques scènes érotiques d’anthologie nécessaires aux métamorphoses positives du monde.

Séries anglo-saxonnes : « Scandal » ou la métis-singerie à la Maison… Blanche. « Empire » ou la quintessence et synthèse de toutes les pathologies noires imaginées pour nous. « Hollywood » avec sa mamie noire emblématique, Hattie Mc Daniel, sa concubine exotique (Camille Washington), et son gay (noir) interracial (Archie Coleman.) Ce qu’il y a de bien avec le Noir, c’est que c’est une minorité polyvalente : plusieurs en une. « Escale Fatale » qui explore les réseaux de prostitution qui exploitent les migrants. A suivre particulièrement les interactions entre les personnages de Toby, Wayne, Benjamin, Marvelous et Abéni. Sans oublier « Dear White People. » Et « Criminal : Royaume-Uni ». S’intéresser notamment au triangle amoureux entre Tony (l’ex-mari blanc), Natalie (la femme blanche) et Paul (l’amant noir.) C’est très instructif. Une femme blanche ne pouvant être – ou devenir – une concubine exotique, tout doit être fait pour qu’elle retrouve… la lumière.

Les films et téléfilms :

Aux Etats-Unis : « The Hate That U Give » qui met en vedette celle qui a repris le sacerdoce de la concubine exotique, dans le sillage d’Halle Berry et Kerry Washington, Amandla (!) Steinberg. « Spider-Man homecoming » et « Spider-Man far from home » : dans lesquels Peter Parker tisse sa toile autour de deux intérêts (curieuse formulation) amoureux qui sont de jeunes filles noires, idéalement métisses, Liz Tooms (Laura Harrier) et M.J (Zendaya.)

En France : « Fais danser la poussière. » Dans les années 60, l’histoire de… Maya, jeune métisse confrontée au racisme, devenue danseuse, va à la recherche de son père noir pour vivre l’autre moitié de son histoire. « Mortel Eté » avec Aïssa Maïga qui assure son métier de noire à la perfection : « jeune femme, dotée d’un corps de sirène, a secrètement décidé de quitter son mari Simon et son garage pour suivre Louis, l’un de ses amants. » Voir aussi « Prêt à tout. » Et « La terre et le sang. » Une bande de sauvages nègres issus du zoo de la banlieue sont salement décimés par Saïd et Yanis, pour des tas de raison liées au trafic de drogue, mais surtout pour protéger leur terre et leur sang, la fille de Saïd, Sarah. Le métissage, voulu ou forcé, n’est pas pour toutes les femmes.

En Afrique du Sud : « Catching Feelings », pourriture absolue dans l’idéologie du métissage montre ce qui se passe lorsqu’un homme blanc fait irruption dans la vie d’un couple de Noirs, dont l’homme est un mâle bêta, adepte de l’ouverture. « Uncoverred », qui met en scène un patron blanc, politiquement négrophobe et sexuellement négrophile, amateur « d’afro-sluts » (de putes noires), financier de la campagne électorale d’une politicienne noire corrompue, tueur de la sœur de l’héroïne au moyen d’un mâle noir servile et serviable. Voici ce qu’il dit à la protagoniste, si elle accepte sa façon de voir : « (je peux) te donner tout le pouvoir du monde. » Comme dans « Queen Sotho », l’idée est également de réécrire l’histoire de la lutte contre l’apartheid, pour la transformer en une suite de corruptions, de renonciations et de trahisons noires.

3/Nous retrouvons la même dynamique dans la chanson.

La pochette d’un des grands succès de Nino Ferrer, « le Sud » (1976), met en scène un fétiche noir nu, très tendre avec son maître affublé d’un uniforme… de l’armée confédérée. Imagerie reprise par Robin Thicke, qui a un tel respect pour son épouse d’alors, Paula Patton, qu’il la partage, nue, sur son album « A Beautiful World » (2003) Et par une flopée non-négligeable de noirs starifiés qui prétendent faire du rap ou du R&B, qui ne maîtrisent ni leur image ni l’industrie qui les contrôlent et les façonnent.

Voici des séquences tirées de deux chansons (par ailleurs magnifiques) qui comprennent en creux toute la Sainte Liturgie du métissage. Des éléments de langage que nous retrouvons quasiment dans chaque discussion relative au « mélange. » Comme si nous répétions un programme.

Corneille : « Ce sera toi et moi ensemble que le monde veuille ou pas/Ma peau noire quelle importance/Juste une belle peau, c’est deux fois rien/Ca vaut la peine/Car c’est avec toi et moi que les temps changent/Demain, les hommes feront tout ce qui aujourd’hui semble étrange/C’est pas parce que qu’on s’aime que je les oublie, encore moins parce qu’on s’aime que tu les trahis/On sait d’où on vient, ça ne change pas/Mais cela n’a rien à voir avec toi et moi/Mais avant qu’ils comprennent… » (« Toi », album « Parce qu’on vient de loin »)

Le groupe Native : « Ta peau sur ma peau, ça leur fait peur/Notre amour ne laisse pas faire ceux qui ont l’idée bizarre de vouloir partager la terre un côté blanc, l’autre noir /Et c’est bien au-delà des regards, la couleur est détail/J’ai la force, la foi et l’espoir /Je suis la nuit, tu es le jour » (« Les couleurs de l’amour », album éponyme)

Native nous apprend donc que l’amour a des couleurs (des coïncidences) et des frontières dont les symboliques se recoupent : (noir et blanc), la nuit (symbolisme) et le jour (symbolisme.) En Afrique fidèle à ses valeurs et cosmogonies, la nuit n’est pas le contraire du jour. Ce sont deux réalités équivalentes participant de la Transcendance de Dieu, et de sa créature élue, son Premier né, le Noir. Ainsi donc, la nuit n’est pas l’allégorie du Noir, pas plus que le jour n’est le symbole du blanc. La nuit et le jour sont les réceptacles du Soleil, de la Lune et des étoiles, présences éternelles de Dieu.

D’une façon moins poétique, voici comment d’autres communautés pensent – ou comprennent le métissage. L’ADN du programme reste présent. La chanson idéale pour illustrer cette vision est sans conteste « Chocolat » de Lartiste, en duo avec Awa Imani (le clip se passe d’ailleurs de tout commentaire) : « Elle est sexy, raffinée/T’es rentrée dans ma vie comme dans un freestyle/T’as voulu qu’on s’évade comme Bonnie & Clyde/Bang, bang, bang, autour ça tire/Viens avec moi si t’es prête à partir/On est si différents, c’est ce qui nous attire/Je veux pas rester là, ils veulent nous asservir/Cette go m’a tué/Comme dans les films au ciné/A quoi la concubine exotique répond : « Je l’ai cru quand ses yeux se sont posés sur moi/Il m’a eu, mais je n’ose pas lui dire qu’il comptait pour moi/même si au fond je le veux/Prends les devants et fais-moi rêver/Cho… cho chocolat, cette go m’a tué… »

Depuis que le métissage existe, quel bilan, ici et ailleurs ? Aucun résultat probant. Ce ne sont donc ni des solutions ni des alternatives. Pour ceux et celles qui le recherchent, le « paradis racial » (ou non-racial) de la pan-humanité est mort-né, victime de sa propre hypocrisie : « (Pour) la population noire… il n’y a qu’une option : disparaître. Que ce soit par le biais d’un métissage assimilationniste forcé, ou quand elle y échappe, par le biais d’une élimination directe. » (Abdias Do Nascimento, cité par A. Mazama, in « L’Impératif Afrocentrique », pp.41-42.) 

CONCLUSION

Ce qui est exposé ici n’est ni une pleurnicherie ni une jérémiade. C’est une démonstration contextualisée. Je constate, je partage, je prends conscience. Je pense à des options. Je ne pleure pas d’être mal, peu ou pas représenté. Je refuse de répéter des programmes. Bien sûr, chacun peut continuer de regarder et d’écouter ce qu’il veut. Une liberté de choix qui s’oppose pourtant au principe de la prise de conscience. Il est impossible d’être conscient et de continuer à faire comme si de rien n’était. Les deux forces s’annulent. La dynamique ne s’enclenche pas. Seule demeure l’inertie.

Or la conscience ne doit pas dormir.

Elle hiberne parfois, toujours confinée, comme si nature était d’être sclérosée.

La conscience dort, et parfois s’éveille.

Pas toujours : elle reste parfois emmurée dans des âmes qui pensent que les momies s’étendent dans l’éternité pour se faner dans la poussière et non pour se sublimer dans la lumière.

C.K

1/Bande-son de l’article :

The Ritchie Family : « African Queens », Judy Mowatt : « Black Woman », Fela Kuti : « Lady », Baaba Maal : « African Woman. »

2/Pour poursuivre, non pas la réflexion ou le débat, mais la prise de conscience :

Juliette Smeralda : « le métis ne sert pas le groupe des dominés parce que le blanc le crée pour lui » (chaîne : « Nzwamba » et « Raison Pratique »)

Karen Mbajum : « le métissage » (The Keke Show)

Naturi Ebene : « Peut-on se revendiquer panafricain et épouser un non-noir ? » ; « l’hypersexualisation de la femme noire »  

Grandeur Noire : « Comment réagir face à la discrimination raciale » ; « Comment réagir face au racisme dans les médias »

CNRS éditions : « Sexualités, identités & corps colonisés », CNRS éditions, Paris, 2019.

Amandine Lauro : « Coloniaux, ménagères et prostituées : au Congo Belge (1885-1930) », éditions Labor, 2005.

Safia Belmenouar et Marc Combier : « Bons baisers des colonies : images de la femme dans la carte postale coloniale. », éditions Alternatives, 2007.

Vicki Dillard (à qui j’ai fraternellement emprunté le terme KKK pour qualifier les sœurs Kardashian) : « Dear Tyrone : dating Becky is hazardous to your health » (« cher frère Noir : sortir avec une blanche peut s’avérer dangereux pour toi » (chaîne : « Fly Nubian Queen. »)

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