Anibwé et Afrikara vous invitent à échanger avec Odile Tobner autour de son dernier ouvrage "Du racisme français".
"Depuis le Code noir (1685), rares sont les intellectuels français qui ont remis en question le socle raciste sur lequel repose notre regard sur "les noirs", africains ou antillais.
Il est temps de décoloniser les esprits. Enfin."
Entretien Afrikara avec Odile Tobner
Dimanche 8 décembre 2007 à 16h00
Librairie ANIBWE
52, rue Greneta 75002 Paris
SOS Abbere vous propose ci-dessous une interview exclusive de Mr Diko Hanoune, le secrétaire général de l’AHME
Samedi 25 Avril 2009,
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SOS Abbere vous propose ci-dessous une interview exclusive de Mr Diko Hanoune, le secrétaire général de l’AHME, l’association des Haratines de Mauritanie en Europe. Après l’interview de Kaaw Touré, nous avons jugé intéressant de s’entretenir avec Diko Hanoune. Nous espérons que ses réponses peuvent, à bien des égards, apporter un éclairage nouveau sur certains problèmes récurrents en Mauritanie.
SOS Abbere : L’AHME existe depuis 2001, quel a été l’élément déclencheur de la création de l’AHME et quelles sont les personnes qui sont à l’origine de votre association ?
Diko Hanoune : « D’abord, je vous remercie infiniment de m’avoir donné l’occasion de m’exprimer dans vos colonnes.
L’élément déclencheur de la création de l’association des haratines de Mauritanie en Europe est lié aux faits que les haratines vivent dans des conditions lamentables qui ne préoccupent guère nos différents gouvernements.
Mohamed Yahya Ould Ciré et moi-même nous nous sommes réunis pour mettre en place cette association non seulement pour dénoncer l’esclavage mais aussi la complicité de l’état Mauritanien au plus haut niveau.
Un constat s’impose avant la création d’A.H.M.E, il n’existait pas une réelle structure proprement dite qui représentait les haratines à l’extérieur, or, toutes les autres composantes du pays en possédaient.
Nous ne pouvons pas rester les bras croisé face au mépris qui frappe le hartani ou la hartania au quotidien dans l’indifférence totale. Je pense que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Nous sommes victimes de l’esclavage et du racisme du fait de notre descendance haratine, personne n’est mieux placé que nous pour expliquer au monde cette réalité cachée à l’opinion internationale en Mauritanie et l’horreur de réduire une personne à l’état d’animal.
Nous savons tous que la presse Mauritanienne fait très peu d’échos sur cette question d’esclavage pour ne pas dire tout simplement qu’elle l’occulte, donc il était impératif de créer cette association pour parler de l’esclavage en Mauritanie sans tabou. »
SOS Abbere : Pouvez-vous nous en dire plus sur les objectifs, les actions et les finalités de l’AHME, avec des exemples précis de votre choix ?
Diko Hanoune :
« - Abolition de l'esclavage en Mauritanie.
- Éradication du phénomène dans toutes ses manifestations.
- Dénoncer les esclavagistes et la complicité de l'Etat Mauritanien.
- Sensibiliser l'opinion européenne, africaine et internationale sur cette question.
Les finalités :
-Émancipation et libération des Haratine (esclaves) de Mauritanie.
-Bâtir un état de droit fondé sur l'égalité, la justice et le respect mutuel entre les trois communautés que sont : les Maures, les Negro-mauritaniens et les Haratine. »
SOS Abbere : L’esclavage moderne des Haratines en Mauritanie est un sujet tabou qui a fait couler beaucoup d’encre, quels sont les différents obstacles rencontrés sur votre route ?
Diko Hanoune : « Nous ne considérerons pas l’esclavage, subit par les haratines en Mauritanie comme étant moderne. D’ailleurs il n’existe pas une bonne expression pour adoucir la souffrance des milliers de victimes de cette barbarie inhumaine qui perdure au 21ème siècle.
L’esclavage est pratiqué sous sa forme antique, brute et cruelle en Mauritanie. Les maitres disposent de leurs esclaves comme ils veulent sans jamais être inquiétés par les autorités qui sont complices.
Les obstacles majeurs qui empêchent l’évolution vers une réelle abolition de l’esclavage viennent tous de l’état Mauritanien. L’administration et les autorités judiciaires refusent systématiquement de poursuivre les esclavagistes. Nous remarquons qu’il est extrêmement difficile pour une victime de déposer plainte. Les plaintes des victimes sont souvent sorties du contexte de l’esclavage. »
SOS Abbere : Votre journal « le cri du Hartani » a pour but de produire une actualité sur les formes d’esclavagisme et de discrimination subies par les populations Haratines, sur quelles sources vous basez vous ?
Diko Hanoune : « Le cri du hartani est basé sur des témoignages et des informations recueillies sur le terrain. Il répond à un besoin fondamental, celui d'évoquer les multiples problèmes que vivent les Haratines en Mauritanie.
Nous disposons des nouvelles technologies pour nous informer comme tout le monde. Il est important de souligner que c’est le premier journal dédié uniquement à la cause des victimes de l’esclavage en Mauritanie.
Désormais les victimes peuvent s’exprimer librement sans être censurées ni voir leurs propos déformés. Il n’est pas aisé pour un militant abolitionniste d’obtenir la publication d’un article sur l’esclavage afin de sensibiliser l’opinion nationale et internationale sur cette question dans les colonnes d’un journal Mauritanien.
Nous avons mis aussi le site :www.haratine.com en ligne pour renforcer le cri du hartani. »
SOS Abbere : Un bilan de l’esclavage est difficile à établir en Mauritanie, que pensez-vous de l’état actuel de la lutte contre l’esclavage au niveau national ?
Diko Hanoune : « Le bilan est plutôt négatif, la lutte contre l’esclavage n’a jamais été une priorité pour nos différents chefs d’état et gouvernements. Nous ne parlons même pas de nos élus qui sont plus préoccupés par leurs poches qu’autre chose.
Il n’y a qu’en Mauritanie où les élus votent des lois qui ne sont jamais appliquées. Nous pouvons déduire du fait que les élus qui ont voté la dernière loi contre l’esclavage n’étaient pas déterminés à mettre fin à l’esclavage. Ils l’ont fait juste pour la consommation de l’extérieur c’est tout. Nous avons entendu certains députés nient l’existence de l’esclavage juste après le vote de la loi. »
SOS Abbere : La situation des Haratines fait l’objet de beaucoup d’études, que pensez-vous de la place que prend cette lutte dans les enjeux politiques du pays ?
Diko Hanoune : « On parle des haratines que pendant les élections. Les haratine ne pèsent pas lourd sur les enjeux politiques, faute de la prise de conscience de la masse populaire.
Nous constatons que les haratines sont discriminés dans tous les domaines. En Mauritanie, vu l’ampleur du trafic d’influence, la corruption et le marchandage autour des élections, seul ceux qui ont les poches pleines peuvent gagner une élection. Je rêve et j’ai hâte de voir une prise de conscience dans la communauté haratine afin qu’ils élisent des gens qui s’occupent sérieusement d’eux comme ce fut le cas des sud-africains. »
SOS Abbere : Au regard des derniers événements politiques, notamment le discours sur « le passif humanitaire » du Général Ould Abdel Aziz, pensez-vous qu’il y’a une chance que l’esclavage disparaisse complètement de la Mauritanie ?
Diko Hanoune : « Sans aucune chance de me tromper, Ould Abdel Aziz ne fera aucun effort pour combattre l’esclavage et le racisme en Mauritanie. Il n’a même pas parlé de ce problème depuis qu’il s’est hissé par la force au sommet de l’état. S’il parle du passif humanitaire aujourd’hui, c’est pour tromper les veuves et les orphelins. Nous sommes habitués aux discours fleuves sans suite ni effets. »
SOS Abbere : L’AHME bénéficie-t-elle de partenariats spécifiques avec d’autres associations œuvrant dans le même combat ? Et quel type de rapports entretenez-vous avec les FLAM ?
Dick Hanoune : « Nous sommes sollicités par ceux qui s’intéressent à l’esclavage en Mauritanie et nous apportons notre contribution afin de pousser l’état Mauritanien à respecter les accords et conventions ratifiés.
Personnellement j’ai beaucoup du respect pour les FLAM qui luttent sans relâche depuis des années contre le racisme d’état malgré que cela se soit passé dans la douleur et le sang.
Les rapports que nous avons avec les FlAM sont faciles à deviner. Nous combattons tous ensemble le racisme dont nous sommes victimes, les FlAM sont un mouvement politique et A.H.M.E est une association qui combat le racisme et l’esclavage. »
SOS Abbere : Nous pouvons observer une divergence de points de vue dans les différentes associations d’Haratines, dont certaines qui adoptent un discours plus modéré, à quel niveau se place l’AHME, et que pensez-vous de ceux qui ont travaillé avec les régimes en place à Nouakchott ?
Diko Hanoune : « Les objectifs énumérés ci-dessus sont à atteindre sans concession.
Vous savez dans chaque lutte de libération nous sommes confrontés à une collaboration active d’un petit groupe d’individus restreint qui pour des intérêts mercantiles s’associe avec l’adversaire. Je tiens à vous rassurer de ce côté-là nous avons la conscience tranquille et nous assumons pleinement notre responsabilité.
Ceux qui ont collaboré avec les différents régimes qui se sont succédés à Nouakchott n’ont rien fait pour la communauté haratine qu’ils disent représenter. Beaucoup des gens ont utilisé la cause des haratine pour se tailler une place de choix dans les différents gouvernements corrompus que nous connaissons. »
SOS Abbere : Pensez-vous l’Etat mauritanien capable, d’adopter une politique d’intégration sociale juste et égalitaire concernant ce groupe social ?
Diko Hanoune : « Quand on veut, on peut, il suffit d’être armé par une réelle volonté pour pouvoir combattre les inégalités dans un état de droit. Malheureusement cela manque cruellement chez nous. »
SOS Abbere : En ce qui concerne la conférence qui se tiendra le 6 mai prochain en France, serez vous présent, et pensez-vous que de telles initiatives peuvent changer la donne par rapport à cette situation en Mauritanie ?
Diko Hanoune : « J’aimerai bien être présent à cette conférence mais malheureusement je ne parviendrai pas à me libérer pour des raisons professionnelles mais je suis en contact avec les organisateurs en permanence.
Bien évidement se sont ces genres d’actions qui pousseront l’état Mauritanien à revoir sa position qui est basé sur l’hypocrisie. »
SOS Abbere : L’esclavage sévit dans d’autres pays que la Mauritanie, pouvez vous nous en dire plus, quel est votre rôle à ce niveau ?
Dick Hanoune : « Nous sommes solidaires avec toutes les victimes de l’esclavage où qu’ils se trouvent. Nous soutenons tous ceux qui luttent pour la libération des esclaves dans le monde quelque soit leur race, religion ou couleur de la peau. »
SOS Abbere : Pensez-vous obtenir des résultats satisfaisants en restant en Europe loin du terrain de bataille ?
Diko Hanoune : « Nous sommes conscients des résultats obtenus malgré nos faibles moyens face à un état qui refuse d’assumer sa responsabilité. Nous sommes loin du terrain physiquement, mais nos efforts sont visibles par tous sur le champ de la bataille. Nous savons que les autorités Mauritaniennes ne nous donneront pas la moindre liberté si l’occasion se présente à eux. »
SOS Abbere
Diko Hanoune
Le caractère racial de l’esclavage maure Il convient de préciser que toute forme d’esclavage a un caractère social. En effet, l’esclavage est le fait des hommes. Celui-ci a été créé pour répondre aux besoins des hommes. Or, l’homme vit en société. Il est un être social (Aristote). Par conséquent, les premières formes d’esclavage ont eu, à la fois, un caractère social et local. Les esclaves étaient issues du même groupe social du fait des rapports de force. C’est ainsi que les Arabes asservissaient d’autres Arabes. Il en a été ainsi des Grecs, des Français, etc. Cela a été vrai pendant longtemps. Par la suite, une évolution s’est opérée. L’esclave est devenu, d’une manière générale, toujours l’Autre, celui d’une autre société ou d’autres ethnies. Les Grecs avaient de nombreux esclaves venus de Thrace et d’ailleurs, donc d’autres races. Les Arabes préislamiques avaient aussi des esclaves noirs, peu nombreux par rapport aux conséquences des deux traites orientale et saharienne post islamiques. L’expansion islamique a permis, outre l’islamisation de nombreux Noirs, la réduction d’autres à l’esclavage. La reconnaissance par l’Islam de l’esclavage a sacralisé cette institution d’où les difficultés, aujourd’hui, de surmonter cette tare sociale. Du fait de la traite transsaharienne, l’esclavage maure en Mauritanie a un caractère, à la fois, social et racial. Social pour les raisons évoquées ci-dessus. C’est le cas de l’esclavage dans la communauté négro-mauritanienne. Dans celle-ci, les esclaves sont tous noirs. 1- Racial parce que les Esclaves maures sont tous noirs. Il y a parmi eux des métis, fruit des rapports sexuels entre les Maîtres maures et les femmes esclaves. Lesquels métis demeurent, à quelques rares exceptions, esclaves. 2- Les Haratine (Affranchis de l’esclavage maure) n’acquièrent pas une liberté qui les met au même niveau statutaire que les hommes libres. En effet, les Haratine sont figés dans un statut de clientélisme (Mawla) qui relève du rite malékite. « Le wala’ ou « patronat », recommandée au demeurant par les textes du fikh. Ces phénomènes qui ne nous paraissent pas tout à fait identiques aux formes modernes d’esclavage dit « classique », parce qu’on n’y est plus la « propriété » mais l’ « obligé » d’une autre personne … correspondrent parfaitement aux normes d’asservissement qualifiées par le Bureau international du travail (BIT) d’ « esclavage moderne ». ( Inés Mrad Dali, De l’esclavage à la servitude, Le cas des Noirs de Tunisie in Cahiers d’études africaine, n°179-180, 2005). Les règles du rite malékite assignent aux Haratine une place intermédiaire où ils sont libres en théorie, mais exploités à distance. Ils continuent à travailler pour leurs Anciens Maîtres. Ils sont privés de leurs droits de témoignage. Ils peuvent être dépossédés de leurs biens acquis après leur libération. Ils ne peuvent être Imams, même en étant instruits, etc. Les rapports de clientélisme s’héritent de père en fils tout comme l’héritage des Esclaves. Or, le Coran qui reconnaît l’esclavage, incite les Musulmans à l’affranchissement des Esclaves. Puis, une fois affranchi, le nouvel affranchi acquiert une liberté égale à celle de son ancien maître. Aucun rapport de subordination n’est permis par le Coran après l’affranchissement. Cette violation des règles religieuses, prouve si besoin est, le caractère racial de l’esclavage maure. Même affranchis, les Haratine du fait de leur ancien statut d’esclaves et de la couleur de leur peau, sont maintenus dans une position médiane qui ne leur permet pas d’être les égaux des hommes libres (Maures). 3- La communauté noire de Mauritanie (non asservie par les Maures) est victime du racisme. Il suffit de rappeler les événements de 1966, 1979, 1989 et suite où les Négro-mauritaniens ont été déportés, tués, etc. Ce racisme pratiqué sur une communauté qui n’est pas touchée par l’esclavage avec des Maîtres maures ( elle connaît, elle aussi l’esclavage ), mais noire de peau, montre non seulement l’existence du racisme anti-noir en Mauritanie, mais aussi le caractère racial de l’esclavage maure puisque tous les Noirs (Haratine et Négro-mauritaniens) sont frappés soit par le racisme, soit par l’esclavage et le racisme. La cohérence idéologique veut que les Abid (Esclaves) et les Haratine (Affranchis) appartiennent à une race (noire) inférieure à l’ethnie arabe et l’ethnie berbère. Ainsi, les Abid ou les Haratine qui seraient tentés par la liberté, ne verraient pas dans la race noire un exemple de dignité supérieur ou égal aux Maîtres et anciens Maîtres. Le caractère racial de l’esclavage maure est nié aujourd’hui par El Hor (Organisation pour la Libération et l’Emancipation des Haratine) et SOS-Esclaves. Voilà ce qu’en dit Boubacar ould Messaoud, président de SOS- Esclaves : « Au prétexte que les esclaves dans la société arabe sont de peau noire, on voudrait ainsi récupérer leur cause en la confondant avec d’autres situations. Or, l’esclavage en Mauritanie n’est pas et ne saurait être un problème racial… Le contentieux qu’ils posent est d’ordre social et devrait le rester. »(Rapport SOS-Esclaves avril 1997 : vingt questions relatives à l’esclavage). Cette négation du caractère racial de l’esclavage maure constitue une concession politique importante, faite à l’adresse de la communauté maure et de l’Etat mauritanien. Elle déculpabilise la communauté maure en ce sens qu’elle place celle-ci et la communauté noire sur le même pied d’égalité concernant la question de l’esclavage : il y a l’esclavage dans les deux communautés et celui -ci a un caractère social et non racial. Dans cet ordre d’idées, les Maures ne cessent d’affirmer que leur esclavage est similaire à celui ancestral et actuel de la communauté négro-africaine. À partir du moment ou les deux formes d’esclavage sont identiques, aucune communauté n’est fondée à dénoncer l’autre. Il en va de sa propre crédibilité. Par rapport à l’Etat, la concession d’El Hor et SOS-Esclaves déresponsabilise les gouvernants. Les pressions sur l’aspect racial en moins, les autorités politiques gèrent dans une relative tranquillité la question de l’esclavage. Les seuls perdants dans cette concession sont les Haratine qui n’ont même pas eu une abolition réelle de l’esclavage à ce jour. Le problème se pose lorsque la réalité quotidienne vient contredire les affirmations et les concessions politiques. Jugez-en vous-même, avec cette seconde déclaration de Boubacar ould Messaoud en novembre 2005 : « Le cas de Khadama nous apprend toute l’envergure de cette continuité : en dépit d’un flagrant délit d’esclavage, de témoins nombreux, de preuves vivantes et actuelles, la loi s’arrête, net, quand son application porte atteinte aux intérêts des élites arabo-berbères. Nous n’insisterons, jamais assez, sur la dimension ethno-sociale de l’impunité et de son occultation. » (Témoignage n°18 : www.haratine.com ) Cette citation montre, si besoin est, le caractère racial de l’esclavage maure. Elle révèle aussi la contradiction qui existe entre les deux déclarations de Boubacar ould Messaoud, celle de 1997 et celle de 2005. Pour être logique, Boubacar ould Messaoud doit tirer les conséquences de la déclaration de 2005 où il reconnaît le caractère racial de l’esclavage maure et ainsi réviser sa première position. L’Etat mauritanien et la Féodalité maure s’appuient sur le racisme pour conserver et pérenniser leur domination ethnique : « En effet, à travers la fidélité à cette vision sectaire du pouvoir politique en Mauritanie, le CMJD démontre que le système qui a fait souffrir les Mauritaniens n’est pas le système de Maouya tout seul. C’est aussi le système du CMJD, de son chef, et de tous les milieux qui se sont traditionnellement investis dans la construction et la consolidation de l’Etat ethnique ou de la classe » (Les horizons bouchés de la transition par Birame ould Dah ould Abeid : Article n° 21 in www.haratine.com). A.H.M.E (Association des Haratine de Mauritanie en Europe) dénonce la concession politique faite par El Hor et SOS-Esclaves sur le caractère racial de l’esclavage maure. D’abord, cette concession constitue une contrevérité. Nous venons de le démontrer. Aussi, elle affaiblit la lutte des Haratine contre l’esclavage et le racisme. Ensuite, elle renforce et décomplexe les Esclavagistes par rapport à l’esclavage. Enfin, elle atténue les pressions politiques sur l’Etat qui a deux préoccupations majeures : la conservation du système esclavagiste et la séparation de la communauté haratine et la communauté négro-mauritanienne. Aussi longtemps que cette séparation perdurera, le système de domination maure se maintiendra. 09/05/2007 Mohamed Yahya ould Ciré Président de l'association des haratine de Mauritanie en Europe.A.H.M.E www.haratine.com