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Du cheveu défrisé au cheveu crépu  de la desidentification à la revendication

Juliette SMERALDA

Parution 05/2007
ISBN 97829161210-48
Format 160x240, 146 pages.
18.00 €
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Présentation

« Avez-vous remarqué ce qui se joue à travers le cheveu, dans les familles antillaises ? Bien des espoirs d’ascension sociale à travers la « dénégrification » sont placés dans la texture des boucles enfantines. Gare aux cheveux à « ti-zéro », les mamies n’aiment pas ça, et ne manqueront pas de vous comparer aux « beaux cheveux » de votre cousine plus claire, aux cheveux plus « plats », DONC plus fortunée que vous ! » Micaela

« Il nous est arrivé de plaisanter en pleine rue un camarade, en criant à tue-tête Pimpon, Pimpon ! Uniquement parce qu’il faisait causette avec une jeune fille au cheveu crépu. Aucune goujaterie ne nous rebutait.» Roger

« Parmi les raisons immédiates qui expliquent que les filles aspiraient tellement à avoir les cheveux lisses, figure l’attitude des garçons de l’époque, qui étaient d’une méchanceté sans limite. Ils n’hésitaient pas à vous traiter de « tet prèv », «zéro et zéro je retiens un », tet jex, lorsque vous aviez les cheveux crépus. Cependant lorsque nous les défrisions, ils s’amusaient à nos dépends en nous traitant de « kas an fè », de « chivé fri » ou « aérodrome ravet’ », autant d’insultes, expression d’un mépris et d’un dénigrement qui faisaient leur chemin dans nos cerveaux d’adolescentes, et nous conduisaient inéluctablement vers le rejet de nous-mêmes, de tous nos attributs négroïdes sur lesquels nous apprenions, au quotidien, à poser un regard négatif. L’attitude stigmatisante des garçons à notre égard était responsable du conflit intérieur qui déchirait les jeunes filles que nous étions. » Milka

« Juliette Sméralda attire l’attention sur les conséquences pernicieuses de la consommation, par les petites filles noires, des objets ludiques telles les poupées occidentales aux cheveux blonds, aux yeux bleus et à la peau blanche. Les petites filles noires « finissent, selon elle, par s’identifier à ces objets ethniques, à force de les coiffer – geste par lequel elles s’habituent à la texture et à la couleur du cheveu lisse et long –, alors qu’elles ne bénéficient d’aucune expérience parallèle, qui les habituerait à la manipulation de la texture crépue de leurs propres cheveux crépus ou frisés ». Yves

« Après analyse de mon parcours, il m’apparaît qu’aimer son cheveu n’est pas un acte spontané, mais un apprentissage. Aujourd’hui c’est un acquis pour moi. Grâce à cela, j’ai finalement pu dépasser le processus d’aliénation dans lequel j’étais prise, et suis aujourd’hui à l’aise avec mon image et beaucoup mieux "dans ma peau". » Aline

Juliette Smeralda, sociologue, enseignante, chercheure

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